UNE TISANE POUR RELAXER, UNE TISANE POUR DRAINER, UNE TISANE POUR DIGERER….

Les plantes médicinales sont employées depuis l’antiquité pour leur vertus thérapeutiques.

Les tisanes sont un bon moyen de profiter des principes actifs des plantes. Bien entendu, l’utilisation des tisanes ne remplace ni l’avis ni les traitements médicaux prescits par un médecin.

L’association de plusieurs plantes aux pouvoirs complémentaires permet d’accroître l’efficacité thérapeutique des infusions.

La vérité sur les bienfaits des tisanes !

Il faut en boire des litres pour que ça marche ?
FAUX. « Trois tasses par jour suffisent généralement.
C’est la qualité de la plante qui prime sur la quantité.
» Celles qui contiennent le plus de principes actifs poussent sur des sols sains, c’est-à-dire dépourvus de pesticides et riches en composés organiques et minéraux mention « bio » est un plus ! La feuille libère ses arômes quand elle est défroissée et elle retrouve sa couleur d’origine lorsqu’on la trempe dans l’eau.
Dans tous les cas, privilégier les herboristeries à la vente sur Internet, qui n’offre aucune garantie de traçabilité ou d’identification des espèces exotiques.

Elles sont réservées au soir ?
 FAUX. Ah ! la fameuse tasse de camomille ou de verveine d’après dîner ! Certes, ces plantes aux effets sédatifs, relaxants et antispasmodiques aident à digérer et à mieux dormir, elles peuvent donc naturellement se boire en fin de soirée.

Néanmoins, la plupart des végétaux sont utilisables tout au long de la journée : la vigne rouge pour soulager les jambes lourdes, la menthe poivrée pour calmer les maux de ventre, le serpolet ou thym pour les infections hivernales…
Il vaut d’ailleurs mieux éviter de boire trop de tisane en fin d’après-midi, ses vertus drainantes provoquant des réveils nocturnes et perturbant la qualité du sommeil. Et, contrairement à une idée reçue, ces boissons ne sont pas toujours dépourvues de caféine et peuvent ainsi avoir un effet de réveil plutôt que d’endormissement.
Une infusion à base de feuilles de guarana, par exemple, est un véritable excitant qui accroît la vigilance, augmente le rythme cardiaque et la tension artérielle. Il est donc préférable de consommer les plantes réputées toniques (ginseng, gingembre, angélique, sarriette…) dans la matinée.

Leur goût ressemble trop à celui d’un médicament ?
VRAI. Mais il existe des astuces afin de masquer la saveur parfois amère de plantes.
Tout d’abord, en ayant la main légère : une pincée de feuilles suffit largement à une tasse. Ensuite, en préparant des mélanges et en utilisant des plantes au goût plus agréable qui vont atténuer l’amertume.
Et, s’il ne faut jamais sucrer sa tisane, car cela peut en atténuer les principes actifs, il est en revanche possible d’y ajouter une cuillerée de miel pour apporter une touche de douceur ou une goutte d’huile essentielle !

En abuser peut nuire à la santé ?
VRAI. Toutes les substances actives peuvent avoir des effets secondaires. La tisane de reine-des-prés, par exemple, qui fluidifie le sang, est déconseillée aux personnes prenant des anticoagulants.
La tisane de menthe, elle, diminue l’absorption du fer par l’organisme ; elle doit donc être consommée à distance des repas. Quant à la sauge, elle peut avoir des effets neurotoxiques en cas de surdosage. « C’est pourquoi il est conseillé de limiter les cures de tisane à neuf et douze jours et de les espacer de deux semaines ».
Certaines plantes ont des effets toxiques : il existe ainsi des contre-indications à la sauge, notamment chez les personnes atteintes de cancers hormonodépendants.
Les femmes enceintes doivent se montrer particulièrement vigilantes et éviter les plantes à huile essentielle comme le thym, la sauge ou le romarin.
Avant de débuter une « tisanothérapie », il est recommandé de consulter un spécialiste, qui prescrira les plantes les plus adaptées ainsi que la meilleure posologie.!

Elles sont moins efficaces que les gélules ou les huiles essentielles ?
VRAI ET FAUX. « Les plantes ont des propriétés différentes selon leur présentation galénique ».
Petit exemple : Une infusion de menthe poivrée aidera à réduire les crampes digestives, alors qu’un massage des tempes avec l’huile essentielle de cette même plante soulagera les migraines.
Il est donc impossible de déclarer la supériorité d’un produit sur un autre.
Les tisanes présentent toutefois quelques avantages.
L’eau est un excellent solvant permettant de récupérer la quasi-totalité des principes actifs, qui agissent en synergie. Actifs qui peuvent être détruits au cours de l’assimilation des compléments alimentaires. Et les tisanes permettent à la fois de s’hydrater et de drainer les toxines hors du corps.

Elles peuvent soigner ?
VRAI. De plus en plus de chercheurs s’intéressent aux effets des plantes sur des maladies chroniques. Des études révèlent que boire deux tasses de tisane de sauge diminueraient le cholestérol des personnes diabétiques, limitant ainsi les risques de complications. Et la richesse en antioxydants de certaines plantes est une piste sérieusement explorée pour réduire les effets secondaires et améliorer l’efficacité des traitements contre le cancer. Voilà qui contredit l’idée que les tisanes ne font que prévenir les rhumes et soulager le stress…

Infusion, tisane, décoction, c’est la même chose ? 
FAUX. Terme générique, « tisane » désigne l’ensemble des préparations à base de plantes et d’eau chaude. Sinon, leur nom est déterminé par la façon de les préparer. La plus connue, l’infusion, consiste à laisser tremper la plante de quatre à une dizaine de minutes dans l’eau chaude.
Il est également possible de faire une décoction, c’est-à-dire de mettre la plante à bouillir pendant cinq minutes. C’est cette méthode qui permet de récupérer la plus grande quantité de principes actifs et penser à couvrir en permanence afin de récupérer par condensation les huiles essentielles qui ont tendance à se volatiliser. Il est également possible de faire macérer vingt-quatre à quarante-huit heures les racines, afin de conserver un maximum de principes actifs. Dans une infusion, ce sont surtout les arômes qui priment. Pour augmenter les propriétés d’une tisane, on peut donc d’associer décoction et infusion, et de préparer une Thermos pour la journée.

Les plantes médicinales menacées ?
Praticiens en médecine chinoise ou ayurvédique et petits producteurs de plantes s’inquiètent de l’entrée en vigueur, le 30 avril prochain, d’une directive européenne visant à réglementer les remèdes naturels à base de plantes (European directive on traditional herbal medicinal products, 2004), comme c’est déjà le cas pour les médicaments.
L’objectif initial est de garantir aux consommateurs davantage de sécurité, d’efficacité et d’informations sur ces produits. Mais la mise en place de ce dispositif se révèle un véritable casse-tête. Non seulement les effets thérapeutiques de chaque plante doivent être connus et utilisés depuis au moins trente ans, dont quinze au sein de l’Union européenne, mais les frais d’enregistrement (l’équivalent d’une autorisation de mise sur le marché -AMM-) sont exorbitants.

Conséquence : un certain nombre de produits couramment employés risquent de devenir illégaux et de disparaître des rayons des pharmacies et des herboristeries d’ici peu. Affaire à suivre…

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